Colloque international : Appel à communication

11 février 2008

Colloque international 

Appel à communication 

Fidèles à leur tradition, le G.R.E.T et la Chaire UNESCO des Droits de l’Homme organisent avec la collaboration de ses partenaires habituels le XIIIème colloque international les 24 et 25 avril 2008 à Rabat sous le thème : 

« Droits humains  et développement durable : quelle articulation ? » 

         Deux questions importantes, deux préoccupations actuelles, deux exigences de nos sociétés contemporaines : Les Droits humains

 et le développement durable font partie intégrante dans toutes les stratégies de développement. Ce sont les défis majeurs de tous les Etats du monde, au Nord comme au Sud, dans les pays développés comme dans les pays en développement. L’avenir des sociétés et des individus repose sur la recherche d’une articulation forte entre les deux objectifs. C’est un défi contemporain ; un défi à l’égoïsme, aux injustices, aux inégalités, à l’étroitesse de vue et aux fractures sociales et économiques que connaissent certains pays. Le thème des droits humains et du développement durable suscite un débat profond dans le monde entier. C’est pour toutes ces raisons que nous avons choisi ce thème pour notre colloque. 

         Traditionnellement associé à l’environnement, le développement durable recouvre aujourd’hui une signification bien large ; il impose le respect des droits fondamentaux, sociaux, politiques et culturels, droits obtenus, la plupart du temps, de haute lutte, non pas pour défendre tel ou tel avantage comparatif mais bien pour reconnaître et faire respecter des aspects fondamentaux et universels de la vie humaine. Il n’est pas tolérable, par exemple, de voir les ressources naturelles dilapidées, la pauvreté  se généraliser, les inégalités se développer, les enfants exploités, l’accès aux droits discriminé, l’intérêt général confisqué, la solidarité sociale bafouée…etc. 

         Tout le problème est là, c’est bien beau de proclamer des droits, mais encore faut-il leur donner de la consistance, en leur donnant plus d’effectivité et plus de durabilité. Certes, les droits humains et le développement durable sont l’objet aujourd’hui de manipulation et d’instrumentalisation, interpellent les consciences collectives ; mais ils nécessitent de l’action, ou plutôt des « actions plurielles », de « bonnes pratiques », adaptées aux caractéristiques spécifiques de chaque société, relevant toutes d’une rationalité supérieure transcendant celles, fragmentées et cloisonnées, des intérêts individuels et égoïstes. 

         Le développement durable répond actuellement à une forte demande sociétale de voir poser des règles ou des normes dans tous les domaines : économique, social, culturel, environnemental, technologique, etc. 

         Nous sommes en présence d’un nouveau paradigme qui contribue à construire un nouvel ordre économique et social où l’on prend en compte l’intérêt non seulement immédiat de la société mais aussi celui des générations futures. La question comment rendre le développement plus humain et durable, hante les esprits et mobilise les Etats, les organismes internationaux, les entreprises, les consommateurs et la société civile. 

         Ainsi la corrélation  entre développement durable et droits humains est étroite : il s’agit de savoir planifier, organiser, préparer et protéger le droit au développement, un développement qui doit être durable. Il s’agit en cela d’un principe de responsabilité sociétale qui pourrait dessiner le nouveau paradigme  des années à venir. Car ses implications touchent l’ensemble des activités économiques, politiques, sociales, environnementales, écologiques, etc. 

         Le concept de développement durable est tout d’abord un concept d’équilibre et de mise en œuvre des politiques efficaces et profitables à toutes les composantes de la population. Plus exactement, il constituerait un projet politique global fondé sur la volonté d’intégrer des valeurs fortes dans les politiques de développement. Ces valeurs sont d’ordre ethnique, juridique et humanitaire. 

         Actuellement en débat, le développement durable oblige à repenser entièrement les rapports qu’entretient l’homme avec la nature, l’économie, la politique, et de manière générale avec le développement. Il implique notamment une révision totale de notre façon de consommer, de produire, de planifier, d’exploiter les ressources naturelles, de  faire du commerce, de  gérer nos déchets, d’envisager le progrès technique, de diffuser des valeurs durables et même de dialoguer entre nous et de prendre des décisions, du niveau local au niveau international. 

         De nombreuses sociétés vivent des situations de fragilité et/ou de fracture sociale forte en raison justement de l’absence d’éléments constitutifs d’une communauté durable, en particulier dans la proximité. Qu’il s’agisse des  services à la personne (soins, éducation, etc.),  de l’accessibilité à la culture, des services marchands, ou encore des services publics de proximité (justice, logement, sécurité,  transports en commun, etc.) ; certains individus se sentent exclus du développement et cela pose un problème de survie humaine et de cohésion sociale. 

         Comment infléchir ces situations injustes ? Comment lutter contre toutes les formes de précarité, des inégalités, des ségrégations et des injustices ? Quelles politiques mettre en œuvre pour modifier les courants ? De l’échelon local au niveau local ? Comment l’être humain peut-il espérer un peu plus de justice sociétale et territoriale ? Comment durabiliser les sociétés parce qu’elles suscitent de la cohésion sociale de tous ? Quelle est la responsabilité des organismes internationaux, des entreprises, des O.N.G et des individus dans la défense des Droits de l’Homme et de la mise en œuvre du  développement durable ? Quelles sont les mesures à mettre en œuvre pour protéger l’un et l’autre ? Comment assurer le financement et la mise à exécution des projets de développement ? Enfin, quelles sont les limites qui entravent la concrétisation des Droits de l’Homme et la mise en œuvre du développement durable et les moyens à mettre en œuvre pour protéger les uns et garantir l’autre ? 

         Complexes et enchevêtrées, les questions des droits humains et du développement durable nécessitent des investigations scientifiques variées et pluridisciplinaires. 

         Le colloque sera donc l’occasion de débattre et de discuter des interactions profondes et multiples qui existent entre les droits humains et le développement durable. Il est ouvert à tous les regards, à tous les points de vue et à tous ceux que les deux questions préoccupent ou s’y intéressent  (sociologues, chercheurs, juristes, politologues, planificateurs, gestionnaires, etc.). 

         Nous attendons des propositions de communication allant dans le sens des axes joints en attaché tout en vous laissant la liberté d’enrichir le colloque par un thème de votre choix. 

         Nous serons heureux de vous inviter à prendre part aux travaux de ce colloque et nous vous tiendrons informés de l’évolution de sa préparation et d’ici là : Bonne et excellente année 2008. Qu’elle soit placée sous le signe de la paix, de la tolérance, de la solidarité et du développement durable. 

Ali SEDJARI 

Président du G.R.E.T  

Titulaire de la Chaire UNESCO des Droits de l’Homme 

Partenaires:

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